Critique

Les deux séries les plus plébiscitées de la saga Gundam sont sans aucun doute Gundam 0080: War in the pocket et Z Gundam. Je n’ai jamais vu ces 2 séries-ci mais je considère Gundam 00 comme supérieur, et de loin, aux autres Gundam que j’ai pu voir.

Dieu a passé le casting avec succès

Je fais partie de ceux qui ont fait un léger bond quand ils ont lu la liste du staff du prochain Gundam.
À la réalisation, Seiji Mizushima, qui a entre autre déjà réalisé l’anime et le film de Fullmetal Alchemist, l’anime Oh! Edo Rocket et a également travaillé sur Neon Genesis Evangelion.
Scénariste: Yôsuke Kuroda, qui a travaillé sur plus d’une trentaine de titres parmis lesquels Excel Saga, Hellsing Ultimate, Fire Emblem, Gungrave,ou encore Madlax.
À la musique, Kenji Kawai, et sa fière discographie de plus 80 œuvres. Au hasard, Innocence: Ghost in the Shell 2, Seven Swords, Death Note, Fate/Stay Night, Avalon
Après tant de grands noms, celui qui aura pu choquer est celui de Yun Kôga, l’auteur du – très mauvais – manga Loveless. Elle a un très beau style, mais forcément très typé shônen-ai / yaoi. Fort heureusement, Michinori Chiba a parfaitement su adapter ses personnages pour l’animation – et pour le genre. On se retrouve ainsi avec un character design magnifique et pas du tout décalé.
Je vais passer le détail des doubleurs car ça prendrait trop de temps mais le casting, et notamment celui des 4 personnages principaux, est rempli de grands noms bien connus.
Sunrise a les moyens, Sunrise a mis le paquet, et ça se sent.

Pas de tempête sans le calme qui la précède

Si le staff est composé de quelques dieux de la japanimation, la série révèle dès les premiers instants son caractère anti-religieux (et notamment anti-islamiste). « Il n’y a pas de Dieu en ce monde » sont les premiers mots prononcés par le héros dans la série, alors qu’il n’est encore qu’un enfant enrôlé dans une guerre sainte au Kurdistan. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que de suite, ça force le respect… Les quelques minutes d’animation avant le générique du premier épisode et leur petit côté Evangelioniste le laissent présager: Gundam 00 sera mature, réaliste et sans concessions.
Les premiers épisodes posent les bases de l’histoire. Ils permettent de découvrir un peu, tranquillement, le caractère de chaque Meister et, surtout, de mettre l’organisation « Celestial Being » face à un maximum de situations possibles – et réalistes. Ces épisodes sont intéressants mais ne font, il est vrai, avancer la trame principale que lentement. Mais on le comprend après, ces épisodes étaient nécessaires.
À partir de l’épisode 7, on commence à plonger dans le background des Meister (et notamment d’Allelujah, Setsuna et un peu Lockon), ainsi que légèrement dans celui des personnages secondaires (Feldt, Sumeragi, Louise, Saji), et les personnages qui deviendront les ennemis récurrents commencent à se révéler.
Ceci continue jusqu’à peu près l’épisode 14 et la série peut être devenue lassante entre temps. Mais il ne fallait pas cesser de croire en Mizushima.

Et puis il y eu l’épisode 15ième

Le géniallissime épisode 15, celui qui a définitivement fait comprendre à beaucoup de monde que Gundam 00 serait un chef chef-d’œuvre. Ce n’est qu’à partir de là que la série décolle vraiment et prend toute son ampleur.
Setsuna révèle tout son charisme et l’émotion fait son apparition. Celestial Being est en difficulté, son image d’invincibilité sérieusement remise en question, et son véritable but enfin officiellement mis en doute. Les 10 épisodes suivants ne sont quasiment que pur bonheur, avec un niveau dramatique rarement atteint dans un Gundam et trop souvent absent des productions récentes. Je ne peux rien me permettre de citer pour ne spoiler l’histoire, car le suspens est aussi l’un des éléments majeurs de cette seconde partie de saison.

Pour le reste, le scénario de Gundam 00 ne tombe jamais dans le cliché, ni dans la facilité, ni dans la niaiserie. Et ça, à vrai dire, c’est sans doute une des meilleure chose. Toutes les situations s’enchaînent parfaitement logiquement et si parfois la chance intervient quelque peu, ce n’est jamais capilo-tracté. De plus comme j’ai déjà du le répéter quelques fois, l’intrigue se veut réaliste, et par conséquent sans pitié – que ce soit envers les spectacteurs ou les personnages.

We’re friends forever

L’aspect soi-disant bishônen des héros en a rebuté quelques uns et, pour le coup, je sais pas trop quoi dire. S’il était osé d’employer Yun Kôga pour le character design, les personnages sont « beaux » certe mais très réalistes (contrairement au bishônen moyen), et je n’ai jamais trouvé cette beauté « choquante » (contrairement à ce que je pense du bishônen moyen). Ils ont une beauté héroïque qui donne plus envie de les admirer qu’autre chose.
Par ailleurs, on notera que ce n’est pas hasardeux que Tieria ressemble à une fille et qu’Allelujah ait une mèche qui fait très « jeune émo rebelle ». Ça a une véritable explication.
On pourra reprocher la poitrine (très) oppulante de la majeure partie des personnages féminins, mais bon, on va dire qu’à force l’œil s’habitue. Ce ne sont pas non plus des bimbos sans cervelle contrairement à ce qu’on pourrait s’imaginer, donc on s’y fait. Et puis après tout, c’est tellement gros que Sunrise sait que l’on sait que c’est du fanservice qu’on leur pardonnerait presque…

Bon, là j’avais pas d’idée de titre

Le premier opening qui sert aussi d’ending au dernier épisode est magnifique, et pourtant, c’est quelqu’un qui n’aime pas L’Arc~en~Ciel qui vous dit ça. DAYBREAK’S BELL est, à mon goût, le seul bon morceau de leur dernier album et un des meilleurs titres de leur carrière. Les images qui l’accompagnent dans le générique d’ouverture sont également de toute beauté.
Le chanteur du premier ending chante faux, et ce n’est pas un effet de style. On s’habitue plus ou moins à Wana à force de l’entendre, mais de là à l’aimer et à aimer la voix du chanteur, il y a quand même un pas. Les images qui accompagnent ce générique sont très simples, mais sympathiques.
Ash Like Snow, le deuxième opening, est une bonne chanson mais n’a rien de transcendant. Elle fait un bon opening et elle forme avec les images qui l’accompagnent quelque chose d’encore plus beau que le premier opening.
Le second ending est magnifique et prend tout son sens quand la série commence à devenir tragique. L’animation qui l’illustre peut paraître étrange, inappropriée, et surprend forcément la première fois qu’on voit l’ending. Pour les plus sensibles Friends peut facilement, avec ou sans images, tirer les larmes aux yeux, notamment lorsqu’on pense ou repense à certains évènements de fin de saison.
Pour ce qui est des background musics, je ne suis pas très callée ni très cultivée dans le domaine dans je ne vais pas m’étaler longtemps sur le sujet, mais c’est du Kenji Kawai. À la fois puissant, plein de sentiments et dégageant pourtant une certaine froideur, inaccessibilité. La première OST est bonne, la deuxième est meilleure, mais on pourra quand même leur reprocher de proposer trop de ré-ochestrations du thème principal. Cela dit elles contiennent quelques pistes magnifiques.

Hallelujah
Je n’en ai pas parlé plus tôt, et cela fait pourtant partie intégrante des qualités de ce Gundam: les dessins et l’animation. Les dessins sont globalement magnifiques à quelques exceptions près d’épisodes ou de plans qui font, à vrai dire, assez mal aux yeux. Pour ce qui est de l’animation, elle est au moins très bonne sur toute la ligne et va parfois jusqu’à atteindre des sommets vertigineux.

Vous l’aurez compris, j’aime cette série. J’ai je crois même eu le coup de foudre dès le premier trailer. La seule chose que je pourrais lui reprocher, hormis les quelques plans particulièrement ratés dont je parlais au dessus, c’est de démarrer lentement et ne pas avoir un régime très soutenu entre les épisodes 7 et 14, poussant facilement à décrocher. Mais la suite est tellement exquise qu’elle m’a réconciliée avec la saga Gundam et me fait placer Gundam 00 parmis les meilleurs anime que j’ai pu voir.

5 commentaires »

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  1. série parfaite

  2. Mon coup de coeur, c’est le mecha design, gérance totale… L’exia est pour moi un des plus beaux gundam.

  3. “Sunrise a les moyens, Sunrise a mis le paquet, et ça se sent” je crois que cette phrase que j’ai repris de la fin d’un des paragraphes ci-dessus résume à elle seul cet anime, un bon nombre de personnes très talentueuses pour une anime tout simplement somptueux^^
    Avec les moyens de Sunrise et la notoriété de la saga Gundam on ne pouvait attendre qu’un chef d’œuvre.

  4. Je voulais dire “un anime tout simplement somptueux” pas “une”, désolé de l’erreur^^”

  5. Ouin, ouin… Je dois reconnaitre que j ai été déçu par la saison II.
    Il y eu quelques sursauts qui m’y ont fait croire, mais tout compte fait non il manque encore quelque chose…
    Au final j’ai un sentiment d’inachevé et de vide… comme pour Code Geass…
    C’est dommage pour une série qui devait rester dans les anales.


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